Les juifs dans les Landes en 1939-44

vendredi 20 juillet 2012
par  gabardan
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Avant 1939 une vingtaine de juifs seulement résidaient dans les Landes. Les persécutions subies dans les pays de l’Est de l’Europe et l’arrivée des repliés alsaciens en septembre 1939 va porter la communauté israélite à 144 – premier recensement établi en octobre 1940 par la préfecture – 98 français et 46 étrangers de onze nationalités différentes. Un second recensement en mars 1942 fait état de 102 juifs dont 65 français.

Ces nouveaux chiffres montrent déjà qu’un tiers des juifs français avaient fui l’occupation allemande pour se réfugier en zone non occupée ou à l’étranger. Un troisième recensement en février 1943 fait état de la présence de 34 juifs ; 33 français et un allemand de 90 ans.

Le rapport du préfet explique les raisons de cette diminution résultant :

  • 1) du port obligatoire de l’étoile jaune, en zone occupée ;
  • 2) de l’envoi dans des camps de concentration des juifs étrangers.

Et il ajoute : les 33 français qui restent… sont tous des réfugiés alsaciens qui n’ont pu regagner leur pays (Archives des Landes) (285 W 73).

En janvier 1944 une nouvelle rafle menée par la feldgendarmerie visera les juifs alsaciens restés dans les Landes. Après quoi il ne restera plus que 13 juifs « intransportables », très âgés et malades, résidant à la maison de retraite du Lanot à Dax et quelques clandestins.

Ainsi avec le soutien et le zèle des autorités de Vichy, la « Solution finale » avait fait place nette dans les Landes. Tel a été le sort des juifs résidant dans le département au temps de l’occupation allemande. Mais ce sont surtout les juifs cherchant le salut en gagnant la zone non occupée qui vont fournir l’essentiel des victimes.

Beaucoup réussiront à échapper à ce sort funeste grâce à des filières de passage organisées comme a témoigné entres autres, Mme LARREGUE dans sa communication à la société de Borda (Bulletin n° 464).

Mais avec la grande rafle des 15 et 16 juillet 1942 à Paris et dans toute la France, un vent de panique va souffler sur la communauté israélite. Beaucoup vont partir à l’aveugle et comme la ligne de démarcation se situait à 800 mètres de la gare de Mont-de-Marsan cette dernière a été un point de chute privilégié pour passer en zone non occupée.

D’anciens passeurs ont témoigné comment, jusqu’en juillet 1942, le franchissement de la ligne était relativement facile. Mais le renforcement des mesures de surveillance, notamment de la gare, va entraîner une véritable hécatombe en juillet et août 1942.

Aucune statistique officielle n’est disponible mais en consultant les diverses sources : Serge KLARSFELD, Michel SLITINSKY, les Archives des Landes, Eric LAFOURCADE, etc, on peut avancer qu’un minimum de 250 juifs ont été arrêtés dans les Landes au temps de l’occupation et déportés pour la quasi totalité à l’usine de mort d’Auschwitz, soit plusieurs dizaines de victimes de plus que toutes les victimes landaises de la répression nazie, durant l’occupation dans le département.

Et ce n’est qu’une infime parcelle de la Shoah.


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